13 février 2026   //     Newsletter 02.2026

L’IA intégrée dans le flux de travail est devenue incontournable à l’hôpital

L’intelligence artificielle est devenue incontournable, y compris dans nos hôpitaux. Cela fait quelques années que le CHIREC l’a bien compris. Rencontre avec le Dr Benoit Debande, Directeur général administratif et financier et Directeur informatique au CHIREC, qui est convaincu de l’utilité de l’IA à condition qu’elle soit intégrée dans le flux de travail et qu’elle apporte un retour sur investissement.

"L’IA au Chirec remonte à 2020 où l’on a travaillé avec une firme française pour l’implantation sur le site de Delta d’un outil dont l’objectif était d’identifier les fractures potentielles principalement au niveau du membre supérieur au service des Urgences. La nuit et le week-end, il n’y a pas toujours un radiologue sur place et nous nous étions rendu compte qu’un certain nombre de fractures passaient sous le radar", relate Benoit Debande.

"L’idée est d’intégrer l’outil dans le flux de travail du radiologue ou du PG pour que le système envoie la radiographie à l’intelligence artificielle et que celui-ci ramène l’image avec les suspicions de fracture contourées", rapporte le Dr Debande. "Et la satisfaction était au rendez-vous si bien que nous avons étendu l’outil à l’ensemble de nos sites".

Un autre domaine où le CHIREC utilise l’IA est l’endoscopie: "Pendant la réalisation de l’endoscopie, les images sont envoyées à un boitier d’IA qui va aider le gastro-entérologue à repérer les zones suspectes. Il s’agit d’un système que nous avons déployé sur tous nos sites il y a un peu plus d’un an", explique le Dr Debande. "’appelle toutefois à la vigilance car une étude récente révèle qu’après six mois d’utilisation, les endoscopistes perdent une partie de leurs compétences. Il est donc essentiel que ceux-ci l’utilisent à bon escient et ne s’y fient pas les yeux fermés".

L’an dernier, le CHIREC a également lancé un outil qui permet de repérer les zones potentiellement tumorales dans les mammographies. "L’idée n’est pas de remplacer l’humain totalement, mais de remplacer le deuxième lecteur humain par de l’IA. Il s’agit là en quelque sorte d’une béquille informatique sur laquelle on peut s’appuyer pour devenir meilleur."

De l’aide aux médecins… au codage RHM

Si l’IA aide les médecins, elle peut aussi s’avérer utile dans le codage des dossiers patient. "Nous venons de signer un contrat avec Zorgi qui analyse les données des dossiers patient concernés par une période de codage – à savoir six mois – et les confronte avec ce qui a été codé par les codeurs de l’hôpital. Le système nous indique ainsi ce que nous aurions pu coder en plus et si ce codage supplémentaire nous rapporterait – ou non – un financement supplémentaire. C’est donc assez intéressant ", fait remarquer le Dr Debande. "Nous utilisons cette IA un mois avant l’envoi des données au SPF Santé publique. Nous avons donc un mois où nous nous focalisons sur ces oublis et où nous analysons ce qui peut être codé en plus ".

Un autre projet en cours dans l’institution est un système de codage avec Solventum. "Il consiste à entraîner un modèle d’IA pour coder automatiquement les petits séjours dans les hôpitaux de jour, et si les résultats sont satisfaisants, nous l’élargirons à l’hospitalisation classique ", affirme le Directeur informatique.

Du home made CHIREC

"Et enfin, nous sommes maintenant en train de développer, grâce à un collaborateur féru d’IA, un chatbox lié au dossier patient. Il s’agit ici d’une interface conversationnelle autour d’un épisode du DPI. Par exemple : dis-moi l’évolution des constantes de ce patient entre J3 et J7. Parallèlement à cela, nous sommes aussi en train de mettre au point un outil visant à aider les médecins à rédiger la lettre de sortie. Ici, la confidentialité des données est respectée, contrairement aux pratiques où certains médecins envoient des données de patients dans des systèmes d’IA sans respecter le RGPD", souligne le Dr Debande.

"Dans tous nos projets, notre logique est d’intégrer l’IA dans le flux de travail, ce qui fait gagner du temps aux collaborateurs tout en respectant le RGPD, et ce qui amène un retour sur investissement, bien nécessaire aujourd’hui au vu de la santé financière des hôpitaux et l’absence de financement de l’IA par les autorités", conclut le Directeur informatique du CHIREC.